{"id":322,"date":"2012-03-10T21:37:14","date_gmt":"2012-03-10T20:37:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lepeuplequimanque.org\/atlas-critique"},"modified":"2023-09-30T16:08:11","modified_gmt":"2023-09-30T14:08:11","slug":"atlas-critique","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/en.lepeuplequimanque.org\/en\/atlas-critique\/","title":{"rendered":"Atlas Critique &#8211; exposition"},"content":{"rendered":"<h1 align=\"justify\">Atlas critique<\/h1>\n<p><strong>Exposition<\/strong><br \/>\nLe Parc Saint Leger, Centre d&#8217;Art Contemporain, invite <em>le peuple qui manque<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Francis Al\u00ffs, Erick Beltr\u00e1n, Berger &amp; Berger, Border Art Workshop, Mark Boulos, Lewis Carroll \/ Henry Holiday, Chto delat?, Fernand Deligny, Michael Druks, Claire Fontaine, Internacional Errorista, Pedro Lasch, Vincent Meessen, N\u00e1stio Mosquito, Estefan\u00eda Pe\u00f1afiel Loaiza, Lia Perjovschi, Radek Community + Dmitri Gutov, Philippe Rekacewicz, R.E.P. Group, Allan Sekula &amp; No\u00ebl Burch, Soci\u00e9t\u00e9 R\u00e9aliste, Stalker, Endre T\u00f3t, David Wojnarowicz \/James Wentzy \/ AIDS Community Television. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Commissariat<\/strong> : Aliocha Imhoff et Kantuta Quir\u00f3s<\/p>\n<p><strong>Vernissage: Vendredi 16 mars 2012 \u00e0 18h30<\/strong><br \/>\n16 Mars 2012-27 mai 2012<\/p>\n<p>Parc Saint L\u00e9ger, Centre d\u2019art contemporain<br \/>\nAvenue Conti 58320 Pougues-les-Eaux \/ France<br \/>\nwww.parcsaintleger.fr<\/p>\n<p><a title=\"Atlas Critique - Parc Saint Leger\" href=\"http:\/\/www.lepeuplequimanque.org\/wp-content\/gallery\/atlascritique\/atlas-critique-parc-saint-leger2.jpg\" rel=\"prettyPhoto[gallery-MV0r]\"><img decoding=\"async\" style=\"width: 550px; height: 422px;\" title=\"Atlas Critique - Parc Saint Leger\" src=\"http:\/\/www.lepeuplequimanque.org\/wp-content\/gallery\/atlascritique\/atlas-critique-parc-saint-leger2.jpg\" alt=\"atlas-critique-parc-saint-leger2.jpg\" \/><\/a><\/p>\n<div align=\"justify\">\n<blockquote><p>\u00ab <em>Les \u00ab nouvelles pens\u00e9es critiques \u00bb sont un continent inconnu, en voie de formation, puisque la d\u00e9faite historique du marxisme comme pens\u00e9e et comme mouvement nous a fait entrer dans une \u00e8re nouvelle \u2013 dans laquelle le marxisme est pr\u00e9sent, mais sur un mode diff\u00e9rent que pr\u00e9c\u00e9demment \u2013 dont les coordonn\u00e9es nous sont encore inconnues. De l\u00e0 l\u2019importance de multiplier et de confronter des cartes<\/em>. \u00bb (Razmig Keucheyan,\u00a0 2010)<sup>1<\/sup><\/p><\/blockquote>\n<\/div>\n<p>Au moment o\u00f9 la pens\u00e9e critique et les politiques contemporaines mutent et se red\u00e9ploient, s\u2019est impos\u00e9e la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9tablir de nouvelles cartographies de ce continent th\u00e9orique en formation. Atlas, cartographie, diagramme, en spatialisant les formes et les modes de pens\u00e9e, le travail intellectuel critique, nous en offrent une visualit\u00e9 optimale. L\u2019atlas, comme forme visuelle de pr\u00e9sentation de la connaissance, aurait, comme l\u2019avance l\u2019historien de l\u2019art Georges Didi-Huberman, pour finalit\u00e9 de recueillir le morcellement du monde et de \u00ab remonter le monde \u00bb<sup>2<\/sup>. En proc\u00e9dant par d\u00e9montage et remontage des anciennes cat\u00e9gories, en \u00e9tablissant des connexions invisibles, des liens qui demeuraient jusque l\u00e0 inintelligibles, l\u2019atlas se r\u00e9v\u00e8le mod\u00e8le op\u00e9ratoire id\u00e9al pour \u00e9tablir et proposer des tableaux synoptiques qui relieraient archipels conceptuels, images du monde, constellations politiques.<\/p>\n<p>La pens\u00e9e diagrammatique d\u2019Erick Beltran (Mexique), Lia Perjovschi (Roumanie) ou Vincent Meessen (Belgique) rel\u00e8ve de cette arch\u00e9ologie de la connaissance, tout en proposant des mod\u00e9lisations prospectives de la g\u00e9ographie des th\u00e9ories critiques contemporaines. Leurs paysages conceptuels, par leur fort entrelacement \u00e0 la fois subjectif et syst\u00e9mique, constituent autant d\u2019encyclop\u00e9dies imaginatives, de machines de transformation.<br \/>\n<strong><br \/>\nTout ce qui est solide se dissout dans l\u2019air <\/strong><\/p>\n<p>Mais, plus encore, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 pour nombre de th\u00e9oriciens, g\u00e9ographes, philosophes politiques contemporains (Edward Soja, Fredric Jameson ou David Harvey), l\u2019espace domine le temps, de nombreux concepts g\u00e9ographiques, tels que la cartographie, l\u2019\u00e9chelle, la fronti\u00e8re, la distance ou le territoire, prolif\u00e8rent dans le champ de l\u2019art et une r\u00e9surgence d\u2019int\u00e9r\u00eat pour la r\u00e9flexion sur l\u2019espace s\u2019est produite r\u00e9cemment, bien au-del\u00e0 de la g\u00e9ographie, l\u2019architecture ou l\u2019urbanisme. La th\u00e9orie critique et les sciences sociales font d\u00e9sormais appel avec une insistance nouvelle aux spatialit\u00e9s pour lire les ph\u00e9nom\u00e8nes sociaux.<br \/>\nLe capitalisme, lui-m\u00eame longtemps envisag\u00e9 sans territoire ni fronti\u00e8re, est pens\u00e9 d\u00e9sormais comme un ph\u00e9nom\u00e8ne qui proc\u00e8de \u00e0 un am\u00e9nagement spatial lorsqu\u2019il investit un territoire. Pour le g\u00e9ographe David Harvey<sup>3<\/sup>, les crises capitalistes s\u2019incarnent physiquement dans les espaces qu\u2019elles produisent. Dans son saisissant diptyque <em>All that is solid melts into the air<\/em><sup>4<\/sup> (2008), l\u2019artiste Mark Boulos joue, par un montage dialectique, le jeu de la proximit\u00e9 et de la distance. En opposant rebelles du Delta du Niger aux traders de la Bourse des Energies de Chicago, au premier jour de l\u2019\u00e9clatement de la crise des subprimes, Boulos met \u00e0 jour les spatialit\u00e9s causales entre la sp\u00e9culation financi\u00e8re et la d\u00e9possession des travailleurs Nig\u00e9rians, par l\u2019interm\u00e9diaire de la circulation globale d\u2019une mati\u00e8re devenue valeur immat\u00e9rielle: le p\u00e9trole. \u00ab <em>L\u2019argent n&#8217;existe pas encore, la marchandise n&#8217;existe pas encore, l\u2019ensemble symbolise la \u2018m\u00e9taphysique du capitalisme<\/em> \u00bb. Avec <em>The Forgotten Space<\/em> (2010), dernier film r\u00e9alis\u00e9 par l\u2019artiste Allan Sekula et le cin\u00e9aste et th\u00e9oricien du cin\u00e9ma No\u00ebl Burch, ces deux exp\u00e9rimentateurs du genre documentaire envisagent la mer comme l&#8217;espace oubli\u00e9 de ces temps globalis\u00e9s, lieu d\u2019\u00e9changes et de toutes les circulations au sein de l&#8217;\u00e9conomie mondialis\u00e9e.<br \/>\n<strong><br \/>\nB\/orderlands <\/strong><sup>5<\/sup><\/p>\n<p>Les th\u00e9oriciens de la pens\u00e9e postcoloniale ont \u00e9galement produit des analyses spatiales de la construction id\u00e9ologique des notions de fronti\u00e8re et de distance. \u00ab <em>Des gens qui habitent quelques arpents vont tracer une fronti\u00e8re entre leur terre et ses alentours imm\u00e9diats et le territoire qui est au-del\u00e0, qu\u2019ils appellent \u201cle pays des barbares\u201d. (\u2026) Chaque \u00e9poque et chaque soci\u00e9t\u00e9 recr\u00e9e ses propres Autres<\/em> \u00bb<sup>6<\/sup> , \u00e9crivait ainsi l\u2019intellectuel palestinien Edward Sa\u00efd, qui d\u00e9crivait ce ph\u00e9nom\u00e8ne comme une \u00ab dramatisation de la distance \u00bb.<br \/>\nOn aper\u00e7oit combien la toponymie, le nommage g\u00e9ographique des territoires (des Am\u00e9riques, par exemple) ou encore du \u00ab proche \u00bb et du \u00ab lointain \u00bb (nous et les autres, le centre et la p\u00e9riph\u00e9rie, l\u2019espace national et le reste du monde ou encore le Proche \/ Moyen Orient) correspondent \u00e0 des cat\u00e9gories \u00e9pist\u00e9miques, sous-tendues par la question de qui a le pouvoir et l\u2019autorit\u00e9 de nommer et de subsumer les Autres dans des cat\u00e9gories identitaires.<br \/>\nLes anthropologues postmodernes (James Clifford, Johannes Fabian) ou les g\u00e9ographes radicaux (Derek Gregory), nourris par la th\u00e9orie postcoloniale, ont aussi montr\u00e9 que les mises \u00e0 distance \u00ab des Autres \u00bb sont le r\u00e9sultat de constructions g\u00e9ographiques imaginaires qui se d\u00e9ploient &#8211; bien au-del\u00e0 des seules fronti\u00e8res physiques et symboliques structurant continents, pays, ou villes-, jusqu\u2019au sein des disciplines de savoir<sup>7<\/sup>.<br \/>\nCes syst\u00e8mes h\u00e9g\u00e9moniques de significations spatiales et g\u00e9ographiques se trouvent aujourd\u2019hui comme r\u00e9\u00e9crits par les pratiques artistiques contemporaines.<br \/>\nAinsi, alors que l\u2019on sait combien la cartographie, en tant que discipline, fut profond\u00e9ment imbriqu\u00e9e dans la production performative des r\u00e9cits de la modernit\u00e9, de la rationalit\u00e9 et du positivisme, mais aussi de l\u2019histoire du colonialisme et des r\u00e9cits nationaux, elle est devenue aujourd\u2019hui le lieu privil\u00e9gi\u00e9 de l\u2019invention de contre-pratiques et de contre-cartographies d\u2019artistes, qui ouvrent des lignes de fuite.<\/p>\n<p><strong>Le m\u00e9ridien z\u00e9ro<\/strong><\/p>\n<p>Au cours du 19\u00e8me si\u00e8cle, l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration des entreprises coloniales men\u00e9es par les pays europ\u00e9ens \u2013qui prit son essor d\u00e8s le 15e si\u00e8cle avec la ma\u00eetrise progressive des routes maritimes et la colonisation du continent am\u00e9ricain- a conduit \u00e0 une expansion territoriale qui, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des continents et dans les r\u00e9gions extr\u00eames du globe, a r\u00e9duit les espaces blancs des cartes tout en affinant davantage encore la pr\u00e9cision de celles-ci. La cartographie devenait non seulement instrument mis au service des appropriations territoriales et militaires, mais aussi une matrice id\u00e9ologique imp\u00e9rialiste. Ainsi, l\u2019homog\u00e9n\u00e9isation des mesures temporelles, par l\u2019entremise de la promulgation du m\u00e9ridien de Greenwich en 1884, comme diapason universel du temps, imposait un universalisme implicitement eurocentr\u00e9. Avec ce choix du m\u00e9ridien z\u00e9ro, cette fabrique du temps universel \u00e9tait fonction d\u2019une\u00a0 guerre spatiale<sup>8<\/sup>.<br \/>\nC\u2019est dans ce contexte que surgit la carte vierge et \u00e9vid\u00e9e de l\u2019Oc\u00e9an de Lewis Carroll et l\u2019illustrateur Henry Holiday, dans la nouvelle la <em>Chasse au Snark<\/em>, parue en 1876. Cette carte id\u00e9ale de l\u2019oc\u00e9an, d\u00e9barrass\u00e9e de conventions et de rep\u00e8res terrestres, pourrait \u00eatre qualifi\u00e9e avec le th\u00e9oricien de la litt\u00e9rature Bertrand Westphal de \u00ab carte paradoxale, (\u2026) d\u2019o\u00f9 pourrait \u00e9merger un espace de libert\u00e9 \u00bb<sup>9<\/sup> , convoquant un imaginaire de la conqu\u00eate, tout en \u00e9tant teint\u00e9e d\u2019une nostalgie li\u00e9e \u00e0 la fin des espaces vierges<sup>10<\/sup>.<\/p>\n<p><strong>Upside Down \u2013 Am\u00e9rica Invertida<\/strong><\/p>\n<p>En 1943, <em>Upside Down \/ Am\u00e9rica Invertida<\/em>, le c\u00e9l\u00e8bre dessin d\u2019une carte de l&#8217;Am\u00e9rique du Sud \u00ab \u00e0 l&#8217;envers \u00bb par l\u2019artis<br \/>\nte uruguayen Joaqu\u00ecn Torres Garc\u00eca &#8211; repr\u00e9sentant du mouvement pictural de\u00ab l\u2019Ecole du Sud \u00bb- inversait la repr\u00e9sentation des h\u00e9misph\u00e8res Nord et Sud et des hi\u00e9rarchies politiques, culturelles et g\u00e9o-\u00e9pist\u00e9miques. Aujourd\u2019hui, une jeune g\u00e9n\u00e9ration d\u2019artistes envisage l\u2019Equateur, signe des partitions Nord\/Sud, comme un lieu de r\u00e9-\u00e9criture. L\u2019artiste \u00e9quatorienne Estefania Pe\u00f1afiel Loaiza et br\u00e9silienne Adriana Varej\u00e3o le mettent en sc\u00e8ne, en tant que ligne contingente, qui, de mani\u00e8re arbitraire, tronque les corps et les sujets postcoloniaux. Et le cartographe et g\u00e9ographe Philippe Rekacewicz (FR), l\u2019artiste\/vid\u00e9aste\/performer N\u00e1stio Mosquito (Angola), les collectifs Soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9aliste (FR), Claire Fontaine (FR), Stalker (Italie), qui s\u2019int\u00e9ressent\u00a0 aux d\u00e9placements, aux mobilit\u00e9s et migrations, aux sujets d\u00e9territorialis\u00e9s et autres g\u00e9opo\u00e9tiques nomades, interrogent, plus largement, par le biais de spatialit\u00e9s disruptives, les \u00e9pist\u00e9mologies et h\u00e9g\u00e9monies nord\/sud, le constructivisme des fronti\u00e8res et des fictions nationales. Une nouvelle physique de la carte est n\u00e9e.<br \/>\n<strong><br \/>\nLieux-r\u00e9els-et-imagin\u00e9s<\/strong><\/p>\n<blockquote><p><span style=\"font-size: xx-small;\">\u00abUne fronti\u00e8re est un lieu vague et ind\u00e9termin\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par le r\u00e9sidu \u00e9motionnel d\u2019une limite qui n\u2019est pas naturelle.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: xx-small;\">La fronti\u00e8re entre Etats-Unis et Mexique est une blessure ouverte o\u00f9 le Tiers monde se frotte avec le Premier et saigne. <\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: xx-small;\">Blessure ouverte longue de 1950 miles \/ divisant un pueblo, une culture, courant sur toute la longueur de mon corps, plantant des piquets de cl\u00f4ture dans ma chair \/ me coupe en deux en deux \/ me fissure me fissure. \u00bb Gloria Anzald\u00faa, <em>Borderlands \u2013 La Frontera &#8211; The New Mestiza<\/em> (1987) <sup>11<\/sup><\/span><\/p><\/blockquote>\n<p>Des th\u00e9oriciens, \u00e9crivains ou artistes conceptuels chicanos (Border Art Workshop, Pedro Lasch, Gloria Anzald\u00faa) ont, quant \u00e0 eux, mis en crise la naturalit\u00e9 de la fronti\u00e8re mexicano-am\u00e9ricaine, l\u2019envisageant simultan\u00e9ment comme mur et passage, suture et\u00a0 brisure, confins et seuil entre plusieurs mondes, site de culture oppositionnelle et de lutte politique.<br \/>\nAvec son livre majeur, et mondialement acclam\u00e9, <em>Borderlands \/ La Frontera: The New Mestiza<\/em> (1987), Gloria Anzald\u00faa, po\u00e9tesse chicana, th\u00e9oricienne des \u00e9tudes post-coloniales et post-f\u00e9ministes, envisageait les territoires frontaliers, comme espaces liminaux \u00e0 l\u2019origine d\u2019une nouvelle g\u00e9ographie du moi et du savoir, qui inaugurent une th\u00e9orie de la connaissance fond\u00e9e sur une d\u00e9sidentification radicale, une perte de contr\u00f4le, un espace de l\u2019entre-deux, o\u00f9 l\u2019\u00e9crivain se mue en travailleur culturel visionnaire, se mouvant entre des mondes souvent conflictuels. La m\u00e9thodologie multilingue d&#8217;Anzald\u00faa incarne ce\u00a0 que Walter Mignolo appelle une \u00abpens\u00e9e fronti\u00e8re\u00bb,\u00a0 double conscience employant un multi-langage pour offrir une nouvelle \u00e9pist\u00e9mologie. Dans la lign\u00e9e du Chicano Art Movement, n\u00e9 aux Etats-Unis dans les ann\u00e9es 70, le collectif Border Art Workshop (BAW) \/ Taller de Arte Fronterizo (TAF), travaille, depuis 1985, autour du topos politique, culturel et imaginaire de la fronti\u00e8re, \u00e0 partir d\u2019actions <em>site-specific<\/em> sur la fronti\u00e8re mexicano-am\u00e9ricaine. Alors que le mouvement du Chicano Art avait d\u00e9j\u00e0 revendiqu\u00e9\u00a0 la notion de culture frontali\u00e8re, et pos\u00e9 le spanglish comme une po\u00e9tique de l\u2019hybridation culturelle, l\u2019\u00e9mergence du BAW \/ TAF a co\u00efncid\u00e9 avec l\u2019\u00e9diction de nouvelles lois migratoires aux Etats-Unis et une intensification industrielle de la fronti\u00e8re.<br \/>\nEn 1974, d\u00e9j\u00e0, l\u2019artiste isra\u00e9lien Michael Druks produisait une cartographie des\u00a0 territoires occup\u00e9s palestiniens en tant que lieu-r\u00e9el-et-imagin\u00e9<sup>12<\/sup>, o\u00f9 l\u2019identit\u00e9 et l\u2019espace mental de l\u2019artiste m\u00eame se trouvaient occup\u00e9s et envahis par cette probl\u00e9matique territoriale et militaire. Sa carte psychog\u00e9ographique, devenue iconique, intitul\u00e9e Druksland, superposait un instantan\u00e9 cartographique de l\u2019occupation des territoires et les sph\u00e8res droite et gauche du cerveau et du visage de l\u2019artiste. En 2004, pendant deux jours, l&#8217;artiste Francis Al\u00ffs, a march\u00e9 dans J\u00e9rusalem, tra\u00e7ant un fin trait de peinture verte alors qu&#8217;il se d\u00e9pla\u00e7ait selon la ligne d&#8217;armistice dessin\u00e9e en 1948 entre Isra\u00ebl et la Transjordanie, connue sous le nom de \u00ab Ligne verte \u00bb (en raison de la couleur du crayon utilis\u00e9 pour le trac\u00e9 de cette ligne sur la carte). La marche vuln\u00e9rable de l\u2019artiste jouait le territoire, la topographie r\u00e9elle \u00e0 l\u2019\u00e9chelle 1:1\u00a0 contre la carte\u00a0 et l\u2019id\u00e9alisation militaire de la ligne droite.<\/p>\n<p><strong>Cartographies schizoanalytiques<\/strong><\/p>\n<p>Un autre usage de la cartographie qui rompt avec une conception positiviste et annexionniste de l\u2019espace est celui des lignes d\u2019erre et schizo-analyses propos\u00e9es par l\u2019\u00e9crivain et p\u00e9dagogue Fernand Deligny, transcrivant les d\u00e9placements d\u2019enfants autistes dans des aires de s\u00e9jours, issues d\u2019une utopie p\u00e9dagogique, men\u00e9e dans les C\u00e9vennes \u00e0 Monoblet, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1960. C&#8217;est aupr\u00e8s de ces enfants que Deligny et ses collaborateurs commencent \u00e0 tracer ces lignes, reflets des circulations des jeunes autistes dans leur espace de vie et \u00e0 parler de \u00ab chev\u00eatres \u00bb, ces n\u0153uds par lesquels les jeunes passent et butent sans cesse. Pour Deligny, qui envisageait les enfants autistes comme r\u00e9sistants \u00e0 la colonisation et la domestication des espaces symboliques par le langage, ces cartographies constituaient une mani\u00e8re de leur offrir un espace \u00e9chappant \u00e0 la parole. \u00ab <em>C\u2019est dans la mesure o\u00f9 les \u00ab vo\u00fbtes verbales \u00bb et tr\u00e8s illusoires de leurs conduites incertaines vont c\u00e9der, que deviendra possible et m\u00eame n\u00e9cessaire l\u2019usage d\u2019un langage autre que la parole au sens verbal du terme, langage qui tend \u00e0 devenir re-pr\u00e9sentation par gestes et par trac\u00e9s des actes \u00e0 pr\u00e9voir et de la r\u00e9alit\u00e9 non pr\u00e9sente l\u00e0, \u00e0 ce moment-l\u00e0, re-pr\u00e9sentation perceptible, per\u00e7ue par les autres et qui provoque la participation des uns et des autres, non seulement \u00e0 ce qui doit \u00eatre agi mais aussi et surtout \u00e0 la trouvaille de menus gestes ou de trac\u00e9s qui doivent devenir d\u2019usage courant<\/em>. \u00bb<sup>13<\/sup>\u00a0 \u00e9crivait-il en 1968.<br \/>\nLes lignes d\u2019erre de Deligny influenceront profond\u00e9ment les courants anti-r\u00e9pressifs de la psychoth\u00e9rapie institutionnelle des ann\u00e9es 60-70 et notamment, la pens\u00e9e cartographique de Mille plateaux (1980), de Gilles Deleuze et F\u00e9lix Guattari, leur permettant d\u2019esquisser avec la schizoanalyse<sup>14<\/sup>, une approche cartographique de l\u2019inconscient qui \u00e9chappe \u00e0 la lecture familialiste propos\u00e9e par la psychanalyse freudienne.<br \/>\n<strong><br \/>\nBodies-cities<\/strong><\/p>\n<blockquote><p><span style=\"font-size: xx-small;\">\u00a0\u00ab <em>Henri Lefebvre sugg\u00e8re que le pouvoir survit en produisant l&#8217;espace, Michel Foucault sugg\u00e8re que le pouvoir survit en disciplinant l\u2019espace ; Gilles Deleuze et F\u00e9lix Guattari sugg\u00e8rent que pour reproduire le contr\u00f4le social, l&#8217;\u00c9tat doit reproduire le contr\u00f4le spatial. Ce que j\u2019esp\u00e8re sugg\u00e9rer est que l&#8217;espace du corps humain est sans doute le site le plus critique pour observer la production et la reproduction du pouvoir.<\/em> \u00bb Barbara Hooper, <em>Bodies, Cities, Texts<\/em>, 1991<sup>15<\/sup><\/span><\/p><\/blockquote>\n<p>Des manifestations politiques, telles qu\u2019elles peuvent \u00eatre r\u00e9guli\u00e8rement r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9es et imagin\u00e9es par des artistes contemporains, notamment en Am\u00e9rique latine ou en Europe de l\u2019Est (Radek Community, Endr\u00e9 Tot, Chto Delat ?, R.E.P. Group, Internacional Errorista, Francis Al\u00ffs, etc), sont ici envisag\u00e9es comme autant de psychog\u00e9ographies et sc\u00e9nographies urbaines radicales, d\u2019incises dans l\u2019espace public et les spatialit\u00e9s du contr\u00f4le social.<br \/>\nAinsi, alors que la censure \u00e9tait toute puissante, dans le contexte des ann\u00e9es de plomb de l&#8217;Europe de l&#8217;Est, la performance-manifestation <em><br \/>\nZ\u00e9ro D\u00e9mo<\/em> (1980) de l\u2019artiste hongrois Endr\u00e9 Tot, utilisait le signe z\u00e9ro pour transformer cette impossibilit\u00e9 en un symbole de toutes les manifestations possibles.<br \/>\nDepuis sa cr\u00e9ation en 1997, le groupe d\u2019artistes, activistes culturels, auteurs, musiciens Radek Community \u00e9tablit \u00e0 Moscou s\u2019est fait remarquer par ses actions politiques, interventions urbaines tr\u00e8s critiques. La vid\u00e9o <em>D\u00e9monstration<\/em> (2000) montre comment travailler avec la vid\u00e9o permet d&#8217;articuler une dramatisation de certains processus sociaux et \u00ab soul\u00e8ve des questions sur la possibilit\u00e9 d&#8217;une r\u00e9sistance politique en Russie, sous la condition de la forte influence du mode de vie occidental, \u00e0 travers la culture de masse et de sa technologie<sup> 16<\/sup> \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019exposition pr\u00e9sente enfin les fun\u00e9railles politiques, appel\u00e9es de ses v\u0153ux par le plasticien, performer et \u00e9crivain de l\u2019East Village new yorkais David Wojnarowicz, mort du sida en 1992. Celui-ci, en compagnon de route du collectif Act up New York, souhaitant d\u00e9passer le caract\u00e8re priv\u00e9 des c\u00e9r\u00e9monies de deuil des morts du sida (et de sa propre mort incluse), th\u00e9orisa et imagina des c\u00e9r\u00e9monies violentes, bouleversantes et th\u00e9\u00e2trales, comme irruption spectaculaire de la probl\u00e9matique du sida dans l\u2019espace public. A l\u2019unisson de la critique de la binarit\u00e9 moderniste espace public\/priv\u00e9, \u00e9manant notamment des g\u00e9ographes f\u00e9ministes postmodernes telles que Barbara Hooper, les spatialit\u00e9s queer des ann\u00e9es 90, li\u00e9es \u00e0 l\u2019activisme culturel contre le sida, ont entrevu la manifestation comme site radical de contre-g\u00e9ographie.<\/p>\n<p>Aliocha Imhoff et Kantuta Quir\u00f3s<\/p>\n<div><object id=\"5d68c5dc-5415-b4d8-820f-0dd282e07b82\" style=\"width: 550px; height: 389px;\" width=\"300\" height=\"150\" classid=\"clsid:D27CDB6E-AE6D-11cf-96B8-444553540000\"><param name=\"movie\" value=\"http:\/\/static.issuu.com\/webembed\/viewers\/style1\/v2\/IssuuReader.swf?mode=mini&amp;autoFlip=true&amp;embedBackground=%23ffffff&amp;backgroundColor=%23222222&amp;documentId=120310202529-2270baf6a5be44af8d7e9221a325d615\" \/><param name=\"allowfullscreen\" value=\"true\" \/><param name=\"menu\" value=\"false\" \/><param name=\"wmode\" value=\"transparent\" \/><embed src=\"http:\/\/static.issuu.com\/webembed\/viewers\/style1\/v2\/IssuuReader.swf\" type=\"application\/x-shockwave-flash\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\" menu=\"false\" wmode=\"transparent\" style=\"width: 550px; height: 389px;\" flashvars=\"mode=mini&amp;autoFlip=true&amp;embedBackground=%23ffffff&amp;backgroundColor=%23222222&amp;documentId=120310202529-2270baf6a5be44af8d7e9221a325d615\" \/><\/object><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<p><strong>Autour de l&#8217;exposition<\/strong><\/p>\n<p>\u2022 Mercredi 16 Mai \u00e0 19h: performance d\u2019Olive Martin &amp; Patrick Bernier:<\/p>\n<p>\u00abX. c\/Pr\u00e9fet&#8230;, Plaidoirie pour une jurisprudence\u00ab au Palais ducal, salle du conseil municipal, Nevers<\/p>\n<p>\u2022 Samedi 21 avril \u00e0 20h30: projection du documentaire \u00abQu\u2019ils reposent en r\u00e9volte\u00bb (2011) de Sylvain Georges<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019Auditorium Jean Jaur\u00e8s, Nevers, en partenariat avec l\u2019ACNE<\/p>\n<p>\u2022 Samedi 14 avril \u00e0 17h30: conf\u00e9rence-d\u00e9bat avec Giovanna Zapperi et Razmig Keucheyan au Caf\u00e9 Charbon, Nevers<\/p>\n<p>Cette exposition n\u2019aurait pu avoir lieu sans les <strong>pr\u00eats de<\/strong> : la Fondation Antoine de Galbert, galerieofmarseille, Galerie Michel Rein, Sandra Alvarez de Toledo, Christine Konig Gallery, England Gallery, Galerie Alain Gutharc, Fonds D\u00e9partemental Nouveaux Collectionneurs &#8211; Conseil G\u00e9n\u00e9ral des Bouches-du-Rh\u00f4ne, David Zwirner Gallery, Rosascape, Doc Eye.<br \/>\n<strong><br \/>\nRemerciements<\/strong> : Parc Saint L\u00e9ger (Sandra Patron, Ronan Le Pennec, Vincent Val\u00e9ry, Franck Balland, Fanny Martin, L\u00e9a M\u00e9rit, C\u00e9line Poulin, Jean-Philippe Darini), L\u2019Arachn\u00e9en (Sandra Alvarez de Toledo, Ana\u00efs Masson), Fondation Antoine de Galbert (Arthur Tocqu\u00e9), Aude Lavigne (France Culture), BAW\/TAF (Michael Schnorr), Francis Al\u00ffs et David Zwirner Gallery (Maggie Bamberg, Erin Caroll, Stephanie Stockbridge), Erick Beltran et Labor (Niki Nakazawa), Berger &amp; Berger, Bertrand Westphal, Alexandra Baudelot (Rosascape), Mark Boulos, Michael Druks et England Gallery (Jane England), Dmitry Vilensky (ChtoDelat ?), Claire Fontaine (Fulvia Carnevale et James Thornhill), Federico Zukerfeld, Galerie Alain Gutharc (Laure Saucias), Pedro Lasch, Vincent Meessen et Saskia Ooms (Netwerk), N\u00e1stio Mosquito, Estefan\u00eda Pe\u00f1afiel Loaiza, Lia Perjovschi et Christine Konig Gallery, Radek Community + Dmitri Gutov, Philippe Rekacewicz, R.E.P. Group, Allan Sekula &amp; No\u00ebl Burch, Galerie Michel Rein (Angharad Williams), Soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9aliste (Ferenc Grof et Jean-Baptiste Naudy), Stalker (Francesco Careri) Giovanni Careri, Endre T\u00f3t, Jim Hubbard, James Wentzy, Sylvain George, Yannick Gonzalez (galerieofmarseille), Fonds D\u00e9partemental Nouveaux Collectionneurs &#8211; Conseil G\u00e9n\u00e9ral des Bouches-du-Rh\u00f4ne, Doc eye (Joost Verhay), Patrick Bernier et Olive Martin, Razmig Keucheyan, Giovanna Zapperi, Stephen Wright, Anne Querrien, Teresa Castro, Anna Knight<\/p>\n<p>&#8212;<\/p>\n<p><span style=\"font-size: xx-small;\">1\u00a0 In <em>Nouvelles pens\u00e9es critiques ? Entretien avec Razmig Keucheyan et Fran\u00e7ois Cusset<\/em>, revue Contretemps n\u00b08, 2010<br \/>\n2\u00a0 Georges Didi-Huberman, <em>Atlas ou le gai savoir inquiet, L&#8217;\u0152il de l&#8217;histoire 3<\/em>, 2011, Les Editions de Minuit, Paris<br \/>\n3 Lire David Harvey, <em>G\u00e9ographie et capital. Vers un mat\u00e9rialisme historico-g\u00e9ographique<\/em>, Syllepse, 2010 et David Harvey, <em>G\u00e9ographie de la domination<\/em>, Les Prairies Ordinaires, 2008<br \/>\n4\u00a0 Le film de Mark Boulos <em>All that is solid melts into the air<\/em> (2008), pr\u00e9sent\u00e9 dans le cadre de l\u2019exposition, emprunte son titre \u00e0 une\u00a0 formule de Karl Marx, 1848 tir\u00e9e du <em>Manifeste du parti communiste<\/em> : \u00ab Tout ce qui est solide se dissout dans l&#8217;air. \u00bb<br \/>\n5 Dans <em>Thirdspace: Journeys to Los Angeles and Other Real-and-Imagined Places<\/em>. Oxford: Basil Blackwell. 1996, le g\u00e9ographe postmoderne Edward Soja reprend l\u2019expression Borderlands au livre \u00e9ponyme de l\u2019\u00e9crivaine chicana Gloria Anzald\u00faa, <em>Borderlands \u2013 La Frontera &#8211; The New Mestiza<\/em> (1987), San Francisco, Aunt Lute Books, 1999. Au cours de son analyse du livre d\u2019Anzald\u00faa, il envisage les perturbations frontali\u00e8res, comme simultan\u00e9ment des atteintes \u00e0 l\u2019ordre public et politique et propose l\u2019expression (b)orderlands .<br \/>\n6 Edward W. Sa\u00efd, <em>L\u2019Orientalisme : l\u2019Orient cr\u00e9\u00e9 par l\u2019Occident<\/em>, Trad. De l\u2019anglais par Catherine Malamoud, Paris, Seuil, 2005, p 90<br \/>\n7 Lire \u00e0 ce sujet les textes du g\u00e9ographe canadien Derek Gregory, notamment <em>Geographical Imagination<\/em>s. Oxford: Blackwell, 1994 et <em>Violent geographies: fear, terror and political violence<\/em> (2007, New York: Routledge). Derek Gregory montre comment les sciences humaines, telles que la g\u00e9ographie et l\u2019anthropologie, n\u2019\u00e9chappent pas \u00e0 des usages id\u00e9ologiques de mises \u00e0 distance des Autres, notamment dans le cadre d\u2019un orientalisme et d\u2019un imp\u00e9rialisme contemporains, et ce qu\u2019il qualifie de \u00ab nouvelles guerres coloniales \u00bb, men\u00e9es apr\u00e8s le 11 septembre au Moyen-Orient et en Asie Centrale.\u00a0 Avec ce qu\u2019il qualifie, \u00e0 la suite du th\u00e9oricien postcolonial Edward Sa\u00efd, de g\u00e9ographies imaginatives, Gregory identifie autant de strat\u00e9gies qui produisent de la diff\u00e9rence culturelle et la transforment en distance irr\u00e9ductible, rendant acceptable et l\u00e9gitime la conduite d\u2019op\u00e9rations militaires au Moyen-Orient. Dans son livre majeur, <em>Le temps et les autres. Comment l\u2019anthropologie construit son objet<\/em>, Traduction fran\u00e7aise par Estelle Henry-Bossoney et Bernard M\u00fcller. Toulouse, Anacharsis, 2006, l\u2019anthropologue postmoderne Johannes Fabian montre \u00e9galement comment l\u2019anthropologie moderne, apr\u00e8s l\u2019abandon d\u2019une attitude ouvertement coloniale, a continu\u00e9 de maintenir avec les peuples \u00e9tudi\u00e9s (autrefois qualifi\u00e9s de primitifs) ce que Fabian nomme l\u2019allochronie, une distance les renvoyant dans un temps (et corr\u00e9lativement un espace) autres.<br \/>\n8\u00a0 Il faut se rappeler les luttes concurrentes entre la France et le Royaume-Uni lors de la Conf\u00e9rence internationale de Washington en 1884 pour l\u2019imposition respective de leur propre m\u00e9ridien. \u00ab\u00a0 Ainsi a-t-il fallu qu\u2019on minut\u00e2t parall\u00e8les et m\u00e9ridiens pour que les espaces coloniaux puissent se constituer \u00bb \u00e9crit Bertrand Westphal dans <em>La g\u00e9ocritique, R\u00e9el, fiction, espace<\/em>, Les \u00e9ditions de Minuit, Paris, 2007, p. 99<br \/>\n9 \u00ab La carte ne sert plus \u00e0 quadriller le plein, mais \u00e0 d\u00e9couvrir le vide, le creux d\u2019o\u00f9 pourrait \u00e9merger un espace de libert\u00e9. Il s\u2019agit dans tous les cas d\u2019une cartographie paradoxale. \u00bb, in Bertrand Westphal, <em>La g\u00e9ocritique<\/em>, op. cit.<br \/>\n10\u00a0 \u00ab Plus de ces grands vides sur les cartes de l\u2019Afrique, plus de blancs \u00e0 teintes p\u00e2les, plus de ces d\u00e9signations vagues, qui font le d\u00e9sespoir des cartographes. \u00bb\u00a0 Jules Verne, <em>Robur-le \u2013 Conqu\u00e9rant<\/em>, Paris, Le Livre de Poche, 2004, p. 52<br \/>\n11\u00a0 Gloria Anzald\u00faa, <em>Borderlands \u2013 La Frontera &#8211; The New Mestiza <\/em>(1987), San Francisco, Aunt Lute Books, 1999, p24<br \/>\n12 Cette expression est utilis\u00e9e par Edward Soja, dans <em>Thirdspace: Journeys to Los Angeles and Other Real-and-Imagined Places<\/em>. Oxford: Basil Blackwell. 1996<br \/>\n13 Fernand Deligny, Groupe de recherche sur le milieu proche, \u00ab Un langage non-verbal \u00bb\u00a0 in Cahiers de la Fg\u00e9ri, n\u00b02, f\u00e9vrier-mars 1968,\u00a0 cit\u00e9 dans <em>\u0152uvres de Fernand Deligny<\/em> (1913-1996), \u00e9ditions L\u2019Arachn\u00e9en, 2007, p. 659<br \/>\n14\u00a0 F\u00e9lix Guattari, <em>Cartographies schizoanalytiques<\/em>, Paris, \u00c9ditions Galil\u00e9e, 1989.<br \/>\n15 Barbara Hooper, <em>Bodies, Cities, Texts, The Case of Citizen Rodney King<\/em>, f\u00e9vrier 1994, manuscrit in\u00e9dit, cit\u00e9 par Edward Soja in <em>Thirdspace<\/em>, op.cit.<br \/>\n16 Anne von der Heiden, 5|16|04 &#8211; 6|26|04 KW INSTITUTE FOR CONTEMPORARY ART Berlin EXHIBITION &#8211; PRIVATIZATIONS \/ CONTEMPORARY ART FROM EASTERN EUROPE<\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>2012<br \/>\nExposition<br \/>\nParc Saint Leger<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":653,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[16],"class_list":{"0":"post-322","1":"page","2":"type-page","3":"status-publish","4":"has-post-thumbnail","6":"tag-archives"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/en.lepeuplequimanque.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/322","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/en.lepeuplequimanque.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/en.lepeuplequimanque.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/en.lepeuplequimanque.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/en.lepeuplequimanque.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=322"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/en.lepeuplequimanque.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/322\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/en.lepeuplequimanque.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/653"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/en.lepeuplequimanque.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=322"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/en.lepeuplequimanque.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=322"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/en.lepeuplequimanque.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=322"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}